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Collaboration & Résistance

L'objectif de la page est de mentionner les points pour lesquels on aimerait que vous adhériez si vous êtes amené[e]s à pondre un truc avec nous.

Pourquoi est-il inutile de produire sans idéologie ? Car l'idéologie fait partie de la production. Nous ne produisons pas “des images”, “des textes” ou “des sons”, nous produisons “des images représentatives de quelque chose”, “des sons désagréables”, “des textes qui critiquent ou oublient de critiquer quelque chose”, bref, rien n'est neutre. Le politique transparait nécessairement, même derrière sa façade esthétique, ne serait-ce que par la démarche de production, désolé l'artiste.

Cela dit, au delà des non-prises de position ou des divergences, la collaboration reste un effort sur terrain commun, ce qui lui donne toujours de la légitimité pour être menée.

Politique du prix

A quelques exceptions près (précision car il est arrivé que ça ne soit pas le cas) les alboums et autres trucs sont vendus à prix libre, sans volonté de profit. L'objectif n'est pas nécessairement de “rentrer dans ses frais”, mais de suivre une démarche qui simplifie l'accès à nos productions, tout en donnant l'occasion d'encourager nos futurs méfaits si vous donnez plus.

On indiquera souvent le “coût de revient”.

Politique des droits d'auteurs

Comme dit dans notre article dédié au sujet, nous n'avons pas envie d'attacher nos productions à des droits, donc au copyright, ce qui inclue le copyleft et les licences libres.

Pour distribuer sous licence libre, il faut s'assurer que ce qu'on a produit est légal. Dans certains cas on pourrait le faire mais ça demanderait d'être méticuleux. Donc si vous voulez redistribuer nos sons et que avez vraiment besoin d'une assise légale, considérez que nos oeuvres sont dans le domaine public, ou sous CC0.

Que signifie l'adoption du domaine public ?

Il s'agit de renoncer à ses droits d'auteurs, à ses propres intérêts économiques, renoncer au contrôle (de la copie, de la modification, de la vente), et au star-system c'est à dire à l'auteurE1) - youpi.

Quoi ?! Vous autorisez à ce que d'autres détournent ou revendent mes oeuvres et se fassent du pognon dessus ?!

Oui, c'est là qu'est tout l'humour de cette démarche. Nous estimons que ce problème ne trouve pas sa solution dans un domaine d'ordre juridique. Nous ne souhaitons pas interdire, donc de recourir au droit dans ce qu'il a de coercitif pour nous opposer, par exemple, à un usage capitaliste de notre production.

D'autre part, pour la raison mentionnée en introduction, l'oeuvre est elle-même politique, et elle est son propre message. Toute «récupération» (quelle que soit la nature de cette récupération : idéologique, commerciale…) d'un «objet» (qu'il s'agisse d'une idée ou d'une oeuvre) est un non-sens.

Au pire, introduisez des messages subliminaux “ce disque ne doit pas être vendu !” dans vos chansons.

Suivre le protocole légal a plusieurs intérêts:

  • éviter les risques de poursuite
  • être effectivement titulaire des droits d'auteurs pour mieux s'en débarasser
  • ne pas devoir dissimuler ses sources. Comme type de dissimulation, on pense à l'hyper-déformation des sources, c'est à dire traiter la matière à un point où son origine n'est plus identifiable.

On essayera de laisser quelques pistes sur le “comment” dans notre article sur le copyright. Pour la musique, il s'agit principalement de choisir ses samples avec soin.

Sources & formats

L'oeuvre est un amalgame, mixture dans laquelle les ingrédients de départ ne se retrouvent plus. Mais même dans une soupe les ingrédients ne sont pas toujours méconnaissables. Fournir les sources, c'est à la fois fournir la recette et les ingrédients.

Nous souhaitons donc dans la mesure du possible refiler les sources (les phases intermédiaires de la production du bidule), ça n'est pas obligatoire mais encouragé. Il peut s'agir des fichiers utilisés lors de la production, qui offrent alors des possibilités de remaniement.

Il s'agit, plutôt que de fournir un produit fini; immuable et inaltérable, de reconnaître que nos productions sont toujours inachevées, extensibles, remaniables.

Les sources ne sont habituellement pas fournies avec les produits culturels, car la culture fut surtout véhiculée par un modèle propriétaire, restrictif, clientéliste (l'artiste d'un côté, l'auditeur de l'autre), prétentieux (prétention artistique que les oeuvres ne devaient être dénaturées et devaient donc se retrouver dans un format figé). Est-ce à partir du moment où l'on cesse de transmettre nos connaissances que l'on devient artiste ? (réaliser soi-même ce qu'un autre ne fera pas de la même façon).

Les sources peuvent parfois avoir un effet de sauvegarde, c'est à dire nous permettre de remanier nos propres productions. Elles laissent également la chance de reprises par d'autres ayant l'intention de faire les choses différemment, ce qui peut être l'occasion d'échanges et d'apprentissage. Elles ont plus de valeur que l'oeuvre, qui n'est qu'une suggestion de présentation, certes estimée aboutie et achevée.

1)
Le droit de paternité, qui fait partie du droit moral, est inaliénable… on ne peut donc pas y renoncer, mais ce droit recouvre la possibilité d'user d'un pseudonyme, ou d'être une oeuvre anonyme. Va comprendre…
archives/collab.txt · Dernière modification: 2017/12/19 01:25 par fab